La fiscalité française ne cesse de se réinventer, parfois au profit de celles et ceux qui veulent rendre leur logement moins gourmand en énergie. Derrière les sigles, les annonces et les réformes, un principe demeure : l’État encourage, via le crédit d’impôt, les particuliers à rénover pour consommer moins et polluer moins. Mais chaque année apporte son lot de modifications dans la liste des travaux éligibles et les conditions pour obtenir ce coup de pouce financier.
Les critères d’éligibilité pour le crédit d’impôt
Le visage de l’aide à la rénovation énergétique a été profondément remodelé. Le Crédit d’Impôt pour la Transition Énergétique (CITE) a disparu fin 2020, laissant la place à MaPrimeRénov’. Ce nouveau dispositif s’adresse désormais à tous les propriétaires, occupants ou bailleurs, mais aussi aux copropriétés, à condition que le logement visé ait été achevé depuis au moins 15 ans. L’objectif reste le même : encourager les travaux qui renforcent l’efficacité énergétique des habitations françaises.
Pour bénéficier de MaPrimeRénov’, il ne suffit pas de changer une fenêtre ou d’isoler un plafond à la va-vite. Chaque projet doit respecter des critères de performance bien précis. Isolation thermique, installation de pompes à chaleur géothermiques ou de chaudières performantes figurent parmi les interventions admissibles. L’ancienne logique du CITE perdure : seuls les travaux qui réduisent réellement la facture énergétique du logement ouvrent droit à une aide.
Impossible aussi de faire appel au premier venu. Les professionnels en charge du chantier doivent être labellisés « Reconnu Garant de l’Environnement » (RGE). Ce label garantit le sérieux et la qualité des interventions. Il faudra présenter des devis détaillés, des factures en bonne et due forme et répondre à toutes les exigences du dossier MaPrimeRénov’. Le parcours est balisé, mais il offre la perspective d’un soutien financier non négligeable pour ceux qui s’y tiennent.
Détail des travaux éligibles au crédit d’impôt
Si l’on se penche sur la liste des travaux jadis couverts par le CITE, on découvre un ensemble cohérent, conçu pour transformer en profondeur la performance énergétique des logements. L’isolation thermique, par exemple, figure parmi les premiers postes concernés. Que ce soit pour le toit, les murs, les planchers ou les fenêtres, chaque amélioration vise à limiter les pertes de chaleur et donc la consommation d’énergie.
Dans le secteur du chauffage, l’installation d’une pompe à chaleur géothermique occupe une place à part. Cette technologie, qui puise la chaleur du sol pour chauffer la maison, séduit par son efficacité et son impact positif sur les factures. D’autres équipements, comme les pompes à chaleur air-air, les chaudières à haute performance ou les systèmes exploitant les énergies renouvelables, ont également été encouragés par le CITE et continuent aujourd’hui à bénéficier du soutien de MaPrimeRénov’, à condition de respecter les critères d’éligibilité.
Pour mieux visualiser l’étendue des travaux concernés, voici les principales catégories d’opérations qui peuvent donner lieu à une aide :
- Isolation thermique des murs, toitures, planchers et fenêtres
- Installation ou remplacement de systèmes de chauffage performants (pompes à chaleur, chaudières à haute efficacité, équipements fonctionnant aux énergies renouvelables)
- Mise en place de dispositifs de régulation et de programmation du chauffage
Pour toutes ces interventions, le recours à des artisans certifiés RGE reste la règle. Cette exigence, déjà présente avec le CITE, perdure avec MaPrimeRénov’ et garantit à la fois qualité d’exécution et conformité réglementaire. L’État entend ainsi maintenir la pression sur la qualité des rénovations et l’efficacité des travaux subventionnés.
Modalités et conditions d’application du crédit d’impôt
Jusqu’à fin 2020, le CITE offrait la possibilité de déduire une partie des dépenses pour certains travaux d’amélioration énergétique directement de ses impôts. C’était une façon directe de récompenser les ménages investissant dans la modernisation de leur logement. Une exigence s’imposait déjà : faire réaliser les travaux par une entreprise reconnue RGE, gage de respect des normes et des bonnes pratiques.
Avec l’arrivée de MaPrimeRénov’, le dispositif s’est ouvert à tous les propriétaires, sans condition de revenus, dès lors que leur bien a plus de 15 ans. Cette généralisation vise à accélérer la rénovation énergétique à grande échelle, en levant les freins administratifs et en simplifiant les démarches.
Les travaux doivent toujours être réalisés par des artisans RGE, afin de garantir leur efficacité et leur conformité. Cette exigence, déjà au cœur du CITE, demeure incontournable pour prétendre à l’aide. C’est sur ce point que l’État entend s’assurer que chaque euro investi contribue réellement à la transition énergétique.
La procédure a été revue avec la suppression du CITE : tout se passe désormais en ligne, sur la plateforme dédiée à MaPrimeRénov’. Dépôt du dossier, transmission des justificatifs, suivi de la demande : la dématérialisation facilite la vie des particuliers et accélère le traitement des aides. Résultat, les travaux de rénovation énergétique gagnent en accessibilité et en rapidité, pour une France moins énergivore, une maison à la fois.


